Les mycotoxines en général, et l’AFB1, l’OTA et le DON en particulier, peuvent altérer le système immunitaire. Elles présentent une immunotoxicité bidirectionnelle, car elles n’inhibent pas seulement l’immunité, mais peuvent aussi la stimuler et induire une inflammation selon la situation.
De nombreux facteurs influencent la suppression ou la stimulation immunitaire, tels que la dose de mycotoxine, la durée d’exposition, l’espèce animale, etc. Par exemple, une exposition à faible dose ou de courte durée aux mycotoxines induit une inflammation (augmentation de la production de cytokines, chimiokines, interleukines et TNF-α), tandis qu’une exposition à forte dose ou de longue durée entraîne une immunosuppression (augmentation de l’apoptose des cellules immunitaires). Le mécanisme d’immunotoxicité bidirectionnelle des mycotoxines implique le stress oxydatif, l’apoptose et l’autophagie de certaines cellules immunitaires ainsi que certains signaux liés à l’immunité. Ces cellules immunitaires comprennent les lymphocytes, les cellules dendritiques, les cellules T, les cellules B et les monocytes.
De plus, l’exposition à ces mycotoxines peut influencer la gravité des infections bactériennes, virales et parasitaires. Leurs modes d’action comprennent trois aspects :
- L’exposition aux mycotoxines favorise directement la prolifération des microorganismes pathogènes, en particulier des virus. Par exemple, l’AFB1 peut favoriser la réplication du virus de la grippe porcine (SIV). Et inversement, les virus peuvent aggraver la toxicité des mycotoxines. Par exemple, une infection par le PRRSV peut aggraver l’effet anorexigène d’une exposition élevée au DON.
- Les mycotoxines détruisent l’intégrité de la barrière muqueuse et favorisent la réponse inflammatoire, augmentant ainsi la sensibilité de l’hôte. De plus, certaines mycotoxines, comme l’OTA, peuvent réduire la diversité du microbiote intestinal. Lorsque l’équilibre de la flore intestinale est rompu, des microorganismes pathogènes exogènes adhèrent à la muqueuse intestinale, provoquant une série de maladies intestinales, dont la diarrhée et même l’entérite.
- Les mycotoxines réduisent l’activité de certaines cellules immunitaires spécifiques et induisent une immunosuppression, entraînant une diminution de la résistance de l’hôte, comme expliqué précédemment.
L’exposition aux mycotoxines revêt une grande importance pour les infections microbiennes. Il est essentiel de sensibiliser au fait que la contamination par les mycotoxines peut accroître les maladies infectieuses. Ces informations nous encouragent à promouvoir la faisabilité de la prévention et du contrôle des contaminations par les mycotoxines afin de réduire leur impact sur la santé animale.
Référence : Sun Y, Song Y, Long M et Yang S. Immunotoxicité de trois mycotoxines environnementales et leurs risques d’augmentation des infections par des agents pathogènes. Toxins 2023, 15, 187. https://doi.org/10.3390/toxins15030187
