Chez le porc et le poulet de chair, les effets du déoxynivalénol (DON) sur l’ingestion, l’intégrité intestinale et l’efficacité alimentaire sont aujourd’hui bien documentés. Chez la poule pondeuse, en revanche, les données restent plus limitées. Une étude publiée en 2026 dans Scientific Reports apporte un éclairage particulièrement intéressant : au-delà des effets zootechniques attendus, le DON pourrait aussi affecter directement la santé reproductive.
Six cents poules Dekalb White âgées de 56 semaines ont reçu pendant 16 semaines un aliment témoin ou un aliment naturellement contaminé contenant 2,45 mg/kg de DON. Dès 8 semaines d’exposition, l’efficacité alimentaire était dégradée : les poules consommaient davantage sans augmentation du taux de ponte, du poids des œufs ou de la masse d’œufs. Un résultat cohérent avec les effets déjà largement décrits du DON dans les autres espèces.
Mais le résultat le plus original concerne l’ovaire. Après seulement 8 semaines, la proportion de follicules primordiaux et primaires normaux était significativement réduite. Après 16 semaines, cette altération persistait et s’accompagnait d’une diminution du nombre de gros follicules blancs ainsi que d’une augmentation des signes de dégénérescence folliculaire.
Ces observations sont d’autant plus importantes que les follicules primordiaux constituent une réserve ovarienne non renouvelable. Pourtant, le taux de ponte restait comparable entre les groupes. Autrement dit, l’absence de baisse immédiate de production ne signifie pas absence d’impact biologique. Ces altérations folliculaires pourraient entrainer un vieillissement prématuré du système reproducteur.
L’étude met également en évidence des altérations intestinales et du métabolisme calcium-phosphore, confirmant que les effets du DON chez la pondeuse dépassent largement les seuls critères de performance visibles.
Ces résultats suggèrent que l’impact du DON sur la fonction reproductive de la pondeuse a probablement été sous-estimé jusqu’à présent, avec des conséquences potentielles sur la persistance de ponte à plus long terme.
À noter : l’aliment expérimental était naturellement multicontaminé, avec le DON comme mycotoxine prédominante. Les résultats reflètent donc une situation proche du terrain plutôt qu’une exposition au DON pur.
Référence : Basili E, Star L, Beleva G, Molist F, Milanova A, Santos RR. Short-term dietary deoxynivalenol exposure negatively affects performance, intestinal and reproductive functions in laying hens. Sci Rep. 2026 Apr 11;16(1):16920. doi: 10.1038/s41598-026-46100-0. PMID: 41965801; PMCID: PMC13230629.
